ÉCRITS

COLLATÉRAUX

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Espoir

Oui, c’est réel
Pauvreté et famine sévissent
Sur des terres piétinées et criblées d’injustice
L’occident rampe, broyé sous le poids des cancers
Et autres pathologies nées du progrès de l’ère

C’est réel
L’argent squatte les consciences
Réel
La mort cotée en bourse
Pacte avec l’inhumain
Pour rester dans la course
Populations bradées
Carburant bon marché
Réel
La prétendue élite acquiesçant sagement
Bercée dans le velours d’un somptueux tapis rouge
Comme les mains qui se frottent
Face aux butins des guerres et drames qu’elles ont nourries
Par un terreau malsain dont la vue pétrifie
Et dont on se détourne avec application
Gorgone des temps modernes
Bien réelle
Comme le chant des sirènes cernant les quotidiens
Formatés par les chaines des usines à humains
Les hurlements couverts par le son d’une télé
Qui distille une fausse peur et prétend informer
Réel
La justice mutilée dans l’ombre d’une illusion
Qui tient debout tant que t’accuses pas un grand nom

Oui, c’est réel
Comme le mercure dans tes céréales
La vie à un gout de plastique,
Une odeur de non-sens et de pression sociale
Les égos vocifèrent, gonflés d’hypocrisie
Et les valeurs s’égarent au milieu d’un dédale

Oui, le monde est cinglé
Est si tu creuses un peu entre les lignes de l’Histoire
Tu trouveras des dossiers dont les pages sont si noires
Que l’horreur qu’elles inspirent est impossible à dire
De quoi vomir
Et arpenter chaque nuit l’œil ouvert, cœur serré
En compagnie des larmes et d’une haine ressassée

Oui, le monde est souillé
Mais ne lui claque pas la porte au nez
Pas tant qu’il reste un ciel à portée de nos yeux
Au fond desquels les astres savent rallumer les feux
Pas tant que des rayons se faufilent jusqu’à nous
Pas tant qu’on peut encore mêler son âme à l’art
Pour libérer sa voix quand l’émotion la noue

Claque pas la porte
Pas tant qu’il restera des fous
Ceux dont tu discernes les voix
Assoiffés comme toi dans le désert des foules
Pas tant que tu pourras discerner une autre voie
Qui s’écarte de celle que ton pas léger foule

Claque pas la porte
Pas tant qu’il y aura l’énergie des idéalistes
Les rires des enfants
Et ceux des résistants qui s’arriment à l’Amour
Pas tant que tu entendras une main
Sculptant les fissures d’un refrain
Dédier sa rime à l’Amour

Claque pas la porte
Pas tant qu’il y aura une roue de secours à faire tourner
Un plan, une issue, le sentier d’une idée
A emprunter
Pas tant qu’il y aura un truc à faire
Avec l’abondance ou le presque rien
Niché entre tes mains

Claque pas la porte
Pas tant qu’il restera des espaces d’expression
Des champs de liberté vierges de toute pollution
Pas tant qu’on parviendra à saisir ces instants
Qu’on peut simplement remplir
En souriant
Pas tant qu’il y aura des moyens d’affranchir
Les fondations d’une vie
D’un permis de construire

Oui, ce monde est souillé
Mais la vie est plus forte
Lis entre les ratures et oublie les serrures
Cale l’espoir dans la porte.

 

  • Créé le .

Charlotte Dubost

"On fait de toi un produit
A la merci de quelques-uns
Qui sont esclaves, eux aussi
Mais se persuadent d’être souverains"

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