AU REVOIR.

AU REVOIR.

C’est la fin. Il est temps de se dire au revoir. La réalisation qu’un temps
de notre vie s’achève vient nous cueillir au creux de l’estomac. Les dernières minutes
sont intenses. Une décharge d’émotion secoue notre corps, si belle,
si humaine. Mais toute notre attention est consacrée à la dissimulation du moindre
tressaillement, de la moindre larme qui aurait l’audace de venir
briller dans notre œil. Ça ne se montre pas ces choses-là. Alors nous fermons avec
rudesse la porte sur ce passage de notre vie, qui deviendra le tombeau
des mots jamais prononcés.
On a des choses importantes à dire. Mais on ne veut pas pleurer, surtout pas. Les autres pourraient s’en apercevoir.
Tant pis. On écrase tout.
On ravale les larmes contenant ces paroles qui ne franchiront jamais le seuil
de notre âme. On étouffe ces cris, on referme la main sur ce qui nous brûle.
Voilà. On est un peu moins vivant, mais hors d’atteinte, c’est l’essentiel.

On dit au revoir en respectant scrupuleusement le protocole.
On détourne les yeux de la scène de crime niant l’existence des regrets qui crient notre lâcheté.
On s’éloigne, trainant derrière nous notre cœur perforé.

ÉCRITS COLLATÉRAUX


"Ecrits collatéraux" est une section qui sera mise à jour avec des textes qui y seront publiés au fil de l'écriture.

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